La technologie du Vétiver

Un outil contre la dégradation et la désertification de l’environnement au Sénégal.

Une adaptation du document préparé par le Dr. Paul Truong

Centre des sciences des ressources Queensland Département des ressources naturelles Brisbane, Australie.

Table des matières

1.0 Introduction
2.0 Le Vétiver: Quel rôle joue t-il et quel est son mode de fonctionnement?
3.0 Les caractéristiques spéciales du Vétiver
3.1 Les caractéristiques morphologiques
3.2 Les caractéristiques physiologiques
3.3 Les caractéristiques écologiques
3.4 Les caractéristiques génétiques
3.5 Autres caractéristiques spéciales
4.0 Son potentiel de formation de mauvaises herbes
5.0 Son degré de tolérance face à de mauvaises conditions de sol
5.1 Les toxicités liées à l’acidité, au manganèse et à l’aluminium
5.2 Salinité et teneur en sodium
5.3 Métaux lourds
5.3.1 Niveaux de tolérance
5.3.2 Répartition des métaux lourds dans la plante
6.0 Les utilisations potentielles du Vétiver dans l’Ibérie
6.1 Protection environnementale
6.1.1 Réhabilitation des sites d’enfouissement de déchets ainsi que des terres contaminées
6.1.2 Réhabilitation des déchets miniers
6.1.3 Décontamination des eaux polluées
6.1.4 Contrôle de la pollution causée par les évacuations d’eaux usées
6.2 Conservation de l’eau pour les arbres fruitiers et les vergers
6.3 Stabilisation d’infrastructure
6.4 Réhabilitation des terres arides et des zones désertiques
6.4.1 Dispersion et amélioration de l’infiltration des eaux de ruissellement
6.4.2 Détournement et concentration de l’eau
6.4.3 Rétention de sédiments
6.4.4 Fourniture d’ombre
6.4.5 Protection des sols de l’érosion éolienne et des plantes du décapage et de l’amoncellement de sables
7.0 Conclusion
7.1 Protection de l’environnement
7.2 L’opportunité de l’usage du Vétiver comme moyen de réhabilitation des zones désertiques arides et semi-arides dans l’Ibérie

8.0 Une sélection des publications sur la recherche, le développement et les applications du Vétiver


1.0 Introduction
Bien que le Vétiver(Vetiveria zizanioides) soit utilisé pour des besoins de protection de la terre depuis une cinquantaine d’années, son impact réel sur la conservation des sols et des eaux ne s’est vraiment fait ressentir que tard dans les années 80 grâce à la campagne de promotion initiée par la Banque Mondiale.

Le Vétiver (VGT) avait été initialement développé en vue d’assurer la conservation des sols et des eaux dans les terres agricoles. Bien que cette application joue toujours un rôle vital dans les terres agricoles le vétiver, doté de ses caractéristiques morphologiques, physiologiques et écologiques uniques comprenant son degré de tolérance aux niveaux élevés de métaux lourds ainsi qu’aux mauvaises conditions, joue un rôle essentiel dans le domaine de la protection de l’environnement et de la réhabilitation des terres.


2.0 Le Vétiver : Quel rôle joue-t-il et quel est son mode de fonctionnement?
Le Vétiver est un moyen très simple, pratique, peu cher, demandant très peu d’entretien et très efficace, servant à la conservation des sols et des eaux, au contrôle des sédiments ainsi qu’à la stabilisation et à la réhabilitation des terres. De par sa nature végétale il ne détruit pas l’environnement.

Lorsqu’ils sont plantés en rangées le long des contours, les plants de vétiver formeront une haie très efficace pouvant ralentir et répandre les eaux de ruissellement, réduire l’érosion des sols, conserver l’humidité du sol et retenir les sédiments sur place. Bien que n’importe quelle haie soit en mesure de faire cela le vétiver, pour des raisons liées à ses caractéristiques morphologiques et physiologiques uniques précédemment mentionnées, est capable de le faire mieux que tous les autres systèmes ayant été testés.

En outre, le système racinaire extrêmement profond et épais du vétiver se noue au sol et en même temps le rend difficile à déloger au moment des flots à haute vélocité. Ce système racinaire très profond à croissance rapide fait également du vétiver une plante très résistante à la sécheresse et hautement appropriée pour la stabilisation de pentes raides.


3.0 Caractéristiques spéciales du vétiver

3.1 Caractéristiques morphologiques
  • Le vétiver ne possède pas de stolons et est doté de rhizomes de très petite taille ainsi que d’un système racinaire massif bien structuré capable de croître très rapidement. Sous certaines applications la profondeur racinaire a pu atteindre 34 m dès la première année.
  • Des tiges raides et droites capables de résister à des écoulements d’eaux relativement profonds.
  • Des haies denses se forment lorsque les plantes sont rapprochées créant ainsi un filtre sédimentaire et une barrière de dérivation.
  • De nouvelles pousses émergent de la base l’aidant ainsi à résister aux mouvements incessants et à la forte pression des animaux qui paissent.
  • De nouvelles racines se développent à partir des nodosités lorsqu’elles sont enterrées par les sédiments piégés. Le vétiver continuera de croître avec le limon déposé en formant éventuellement des terrasses si le sédiment piégé n’est pas retiré.

3.2 Caractéristiques physiologiques
  • Une résistance aux variations climatiques extrêmes telles qu’une sécheresse prolongée, des inondations, des submersions ainsi que des températures extrêmes allant de 14°C à 55°C.
  • Aptitude à recroître très rapidement après avoir été touché par la sécheresse, le gel, la salinité et d’autres mauvaises conditions chimiques du sol lorsque le climat s’améliore ou que des améliorants de sol ont été rajoutés. Une tolérance à une grande variété de sols au pH (allant de 3,0 à 10,5).
  • Niveau élevé de tolérance à la salinité du sol, au sodium et à l’acidité.
  • Haute tolérance à l’aluminium, à l’arsenic, au cadmium, au cuivre, au chrome, au plomb, au manganèse, au mercure, au nickel, au sélénium et au zinc dans le sol.

3.3 Caractéristiques écologiques
Bien que le vétiver soit très résistant aux conditions extrêmes de sol et de climat comme nous l’avons précédemment mentionné, il ne tolère par contre absolument pas l’ombre. L’ombre va réduire sa croissance et dans des cas extrêmes pourrait même à long terme éliminer le vétiver. Donc le vétiver a une meilleure croissance à l’air libre mais il se pourrait que dans sa phase de constitution un contrôle des mauvaises herbes soit nécessaire.

En outre, en raison de ces caractéristiques-là, le vétiver peut être considéré comme plante pionnière dans les terres perturbées. D’abord le vétiver stabilise le terrain sujet à érosion (en particulier les pentes raides), ensuite il améliore son micro-environnement afin que les autres plantes spontanées ou semées puissent s’établir plus tard. Si les espèces locales plantées ou envahies telles que les arbres ou les arbustes sont plus hautes que le vétiver, ces plantes-là donneront de l’ombre au vétiver, réduisant ainsi sa croissance et à la longue (si cela est souhaité) pourraient se substituer au vétiver comme principal agent stabilisant. Des résultats en provenance d’Australie et d’ailleurs ont démontré qu’en l’espace de deux ans les espèces locales peuvent envahir et réduire de façon substantielle la croissance du vétiver. Par conséquent le vétiver est hautement approprié dans les cas de réhabilitation des terres en combinaison avec les plantes locales.


3.4 Caractéristiques génétiques
Il existe trois espèces de vétiver utilisées dans la conservation des sols dans le monde: Veteviria zizanioides, V. nigritana and V. nemoralis.

V. nigritana est originaire d’ Afrique du Sud et son application est principalement circonscrite à ce sous-continent. V. nemoralis est originaire de la Thaïlande et est utilisé à grande échelle dans la couverture de toits de chaume depuis des siècles et sert depuis une période récente à la conservation des sols. Ces deux espèces sont des variétés à graines, par conséquent leur application devrait se circonscrire à leurs terroirs respectifs.

Deux génotypes de V. zizanioides sont utilisés dans la conservation des sols et des eaux ainsi que dans la stabilisation des terres en Inde:

  • le génotype sauvage à graine du nord de l’ Inde
  • le génotype stérile ou à très faible fertilité du sud de l’ Inde.

Alors que le génotype à graine n’est utilisé que dans le nord de l’ Inde, le génotype méridional infertile est le principal vétiver utilisé dans la production d’huiles essentielles et est utilisé dans le monde entier pour la conservation des sols et des eaux ainsi que pour la stabilisation des terres à cause de ses caractéristiques uniques et enviables mentionnées plus haut.

Des résultats récents du Programme d’Identification du Vétiver ont montré que la plupart des variétés cultivées testées (88%) appartenaient à un clone unique du V.zizanioicles infertile. Parmi ces variétés on trouve: Monto (Australie), Sunshine (USA), Vallonia (Afrique du Sud).

La conséquence qui en résulte est qu’une fois le génotype identifié toutes nos recherches, développements et applications peuvent être partagés avec le monde entier. En guise d’exemple, étant donné que toutes les recherches effectuées en Australie sur le vétiver étaient basées sur la variété Monto, tous les résultats australiens qui ont fait l’objet d’une publication peuvent être appliqués en toute confiance dans l’Ibérie lorsque les variétés Vallonia (Afrique du Sud) ou Sunshine (USA) sont utilisées. Le résumé du champ d’adaptabilité du vétiver est présenté dans le tableau 1.


Tableau 1: Champ d’adaptabilité du vétiver en Australie et dans d ’autres pays

  Australie Autres pays
Mauvaises conditions de sols    
Acidité pH 3.3 pH 4,2 (niveau soluble élevé d’ Al)
Niveau d’Al (Al Sat.%) Entre 68% 87%  
Niveau de Mn > 578 mgkg-1  
Alcalinité (hautement sodique) pH 9,5 pH 12,5
Salinité (50% de réduction de rendement) 17,5 mScm  
Salinité (ayant survécu) 47,5 mScm-1  
Teneur en sodium 33% (échange Na)  
Teneur en magnésium 2.400 mgkg-1 (Mg)  
     
Métaux lourds    
Arsenic 100 250 mgkg-1  
Cadmium 20 mgkg-1  
Cuivre 35 50 mgkg-1  
Chrome 200 600 mgkg-1  
Nickel 50 100 mgkg-1  
Mercure > 6 mgkg-1  
Plomb > 1.500 mgkg-1  
Sélénium > 74 mgkg-1  
Zinc >240 mgkg-1  
     
Lieu 15°S 37°S 41°N 38°S
     
Climat    
Pluviométrie annuelle (mm) 450 4.000 250 5.000
Gel (température au sol.) 11°C 14°C
Vague de chaleur 45°C 55°C
Sécheresse (sans pluie véritable) 15 mois  
     
Engrais    
Le vétiver peut s’établir dans des sols très infertiles à cause de sa forte association avec le mycorhize N and P
(300 kg/ha DAP)
N et P. fumier
     
Palatabilité Vaches laitières, bovins, chevaux, lapins, moutons, kangourous Vaches, bovins, chèvres, moutons, cochons, carpes
     
Valeur nutritionnelle N = 1,1 % Protéine brute 3,3 %
  P = 0,17 % Graisse brute 0,4 %
  K = 2,2 % Fibre brute 7,1 %

3.5 Autres caractéristiques spéciales
Le Vétiver est également très résistant aux attaques provenant des insectes et des maladies. A ce jour aucune infestation majeure n’a été enregistrée et il a également été démontré son haut degré de résistance aux attaques de nématodes. A Madagascar, alors que les récoltes et les mauvaises herbes avaient été dévastées en 1998, le vétiver, y compris les jeunes pousses, n’avait pas été dévoré. Les recherches actuelles ont également prouvé que son association étroite avec le mycorhize explique la raison pour laquelle le vétiver est capable de survivre et de se développer dans certaines conditions très difficiles.

Des recherches sont en cours en Australie visant à isoler les couches de mycorhize les plus efficaces pouvant être utilisées comme moyens de protection dans différentes conditions difficiles.


4.0 Son potentiel de transformation en mauvaises herbes
Il est très important que les plantes utilisées pour la conservation des sols et des eaux ainsi que pour la réhabilitation des terres ne deviennent pas de mauvaises herbes dans le nouvel environnement. Par conséquent il est impératif que seules les variétés cultivées infertiles puissent être utilisées. A partir des trois variétés cultivées de vétiver présentes en Australie un groupe infertile fut sélectionné et testé de façon rigoureuse pendant 8 années en vue de déterminer son infertilité avant sa mise en application à grande échelle. Cette variété cultivée infertile fut enregistrée sous le nom de Monto vétiver en Australie. Par conséquent l’établissement du Monto vétiver se fait par voie végétale uniquement, en utilisant des divisions racinaires ou des boutures. Le Monto vétiver est aisément brouté par le bétail, les vaches laitières, les moutons et les chevaux de même que par certains animaux natifs du pays.

Le vétiver fut introduit à Fidji il y a plus de cent ans et fait l’objet d’une grande utilisation depuis plus de 50 ans pour la conservation du sol et de l’eau. Le vétiver ne s’est pas transformé en mauvaise herbe ni n’a montré un potentiel en vue d’une telle transformation.


5.0 Tolérance à l’égard de mauvaises conditions de sol

5.1 Acidité, toxicités du magnésium et de l’aluminium
Avec une quantité adéquate de N et de P. le vétiver peut se développer dans des sols possédant un degré élevé d’acidité ainsi qu’un degré élevé d’Al et de Mn extractibles. La croissance du vétiver ne fut pas affectée et aucun symptôme évident ne fut observé lorsque le Mn extractible dans le sol avait atteint 578 mgKg-1, le pH du sol un niveau aussi bas que 3.3, le Mn de la plante un niveau de 890 mgKg-1 et le pourcentage de saturation de l’aluminium de la plante 68%. Donc le vétiver qui est en mesure de résister à ces conditions extrêmes, aussi bien au niveau du sol qu’au niveau de la plante, peut être utilisé dans le cadre de la réhabilitation de terres hautement contaminées.

5.2 Salinité et teneur en Sodium
Les résultats des essais en serre ont démontré que des niveaux de salinité du sol supérieurs à ECse = 8 dSm-1 affectent de façon négative la croissance du vétiver tandis que des valeurs ECse de 10 et 20 dSm-1 réduisent le rendement respectivement de 10% et 50%. Ces résultats démontrent que le vétiver peut se comparer valablement à d’autres cultures et espèces de pâturages produites en Australie et connues pour leur degré de tolérance au sel très élevé (Tableau 2).

Des recherches réalisées dans une mine de charbon hautement sodique et au pourcentage de sodium échangeable s’élevant à 33%, ont démontré que tandis que le gypse n’affectait pas la croissance du vétiver, N et P en revanche augmentaient considérablement son rendement. La seule application de DAP (phosphate de di ammonium ) à 100 kgha-1 multipliait le rendement de matière sèche du vétiver par 9 allant de 5.4 à 48.9g par pot. Des pourcentages plus élevés de gypse et de DAP n’ont pas amélioré la croissance du vétiver davantage. Un sol au ESP plus élevé que 15 est considéré comme étant fortement sodique. En outre, la teneur en sodium de cette surcharge est davantage aggravée par le niveau très élevé de magnésium (2400 mgKg-1).


Tableau 2: Niveau de tolérance au sel du vétiver comparé à quelques espèces de cultures et de pâturages produites en Australie
Espèces

ECse du sol (dSm-1)

 

Seuil salin

50% de réduction du rendement

Le Bermuda (Cynodon dactylon)

6,9

14,7

Le Rhodes (C.V. Pionnier) (Chloris guyana)

7,0

22,5

Le Blé allongé (Thynopyron elongatum)

7,5

19,4

Le Coton (Gossypium hirsutum)

7,7

17,3

L’Orge (Hordeum vulgare)

8,0

18,0

Le Vétiver (Vetiveria zizanioides)

8,0

20,0


5.3 Métaux lourds

5.3.1 Niveaux de tolérance
Le tableau1 montre que le vétiver peut tolérer des niveaux très élevés de métaux lourds dans le sol. Les résultats analytiques des métaux lourds contenus dans les pousses et les racines confirment également la résistance extrêmement élevée du vétiver face à ces éléments. Par exemple, le contenu toxique de l’As dans la plupart des plantes est compris entre l et l0 mgKg-1, pour ce qui concerne le vétiver des niveaux allant jusqu’à 72 mgKg-1 sont tolérés. De la même manière, pour ce qui concerne le Cd, le seuil toxique pour le vétiver est de 48 mgKg-1 et pour les autres plantes il est situé entre 5 et 20 mgkg-1. Un résultat impressionnant a montré que tandis que les contenus toxiques du Cr et du Ni étaient respectivement de 18 et 347 mgKg-1, la croissance de la plupart des plantes était affectée entre 0,02 et 0,20 mgKg-1 pour le Cr et entre 10 et 30 mgKg-1 pour le Ni. Le vétiver avait le même niveau de tolérance à l’égard du Cu que les autres plantes à savoir 15 mgKg-1.

5.3.2 Répartition des métaux lourds dans la plante
La répartition des métaux lourds dans la pousse et dans la racine des plantes de vétiver peut se subdiviser en trois groupes:
  • la plupart des quantités d’As, de Cd, de Cr et d’ Hg absorbées furent retenues dans la racine (99% to 95%),
  • une proportion modérée de Cu.de Pb, de Ni et de Se fut retenue (80% à 67% ) et
  • la quantité de Zn fut équitablement répartie entre la pousse et la racine (48%).

Les incidences importantes de ces découvertes sont que lorsque le vétiver est utilisé pour la réhabilitation des sites contaminés avec des niveaux élevés d’Arsenic, de Cadmium, de Chrome et de Mercure, ses pousses peuvent être broutées en toute sécurité par les troupeaux ou cueillies pour servir de paillis du fait que ces métaux lourds ne se sont pas déplacés au niveau des pousses. En ce qui concerne le Cuivre, le Nickel, le Plomb, le Sélénium et le Zinc, leurs utilisations pour les buts initialement cités se limitent aux seuils fixés par les agences environnementales ainsi qu’au niveau de tolérance de l’animal concerné.

En outre bien que le vétiver ne soit pas un hyper accumulateur, il est possible de l’utiliser pour l’enlèvement de certains métaux lourds situés dans des sites contaminés et leur déplacement ailleurs en toute sécurité, réduisant ainsi de façon graduelle les niveaux de contamination. A titre d’ exemple les racines et les pousses de vétiver peuvent accumuler plus de 5 fois les niveaux de chrome et de zinc contenus dans le sol.


6.0 Usages potentiels du vétiver dans l’Ibérie

6.1 Protection de l’environnement
Il y a une préoccupation mondiale concernant la contamination de l’environnement par les déchets urbains ainsi que par les sous-produits provenant des entreprises rurales, industrielles et minières, en particulier dans les économies à croissance rapide des pays en voie de développement. La majorité de ces polluants sont constitués de niveaux élevés de produits chimiques et de métaux lourds qui sont capables d’affecter la flore et la faune ainsi que les êtres humains vivant dans les zones, dans les environs ou en aval des sites contaminés.

6.1.1 La réhabilitation des sites d ’enfouissement et des terres contaminées
Les vieux sites d’enfouissement, les décharges industrielles telles que les tanneries et les usines électrolytiques sont généralement contaminés par des métaux lourds tels que l’ As, le Cd, le Cr. Le Hg, le Pb et le Zn. Du fait que ces métaux lourds sont hautement toxiques pour l’être humain, le déplacement de ces métaux hors des sites doit être contrôlé.

Le vétiver fut utilisé avec succès en vue du contrôle des érosions et des infiltrations dans un vieux site d’enfouissement à proximité de Brisbane où cela constitue une véritable préoccupation pour la communauté locale, du fait que les matériaux contaminés et les infiltrations provenant du site avaient pollué les voies terrestres et hydriques limitrophes. Plusieurs tentatives avaient été effectuées durant les 20 dernières années pour réhabiliter les pentes latérales (70%) à l’aide de végétation locale mais en vain.

Des travaux de réhabilitation furent effectués en plantant des rangées de vétiver sur les pentes latérales en vue du contrôle de l’érosion. Pour le contrôle des infiltrations, du vétiver fut planté en masse au pied de la pente où l’on apercevait des infiltrations. Bien que le site d’enfouissement fut contaminé, le vétiver avait pu s’établir facilement et s’était bien développé (une application de N et de P fut effectuée au moment des plantations). Les pentes furent complètement stabilisées au bout de 12 mois et la végétation locale s’établit naturellement entre les rangées de haies. Au même moment, les infiltrations furent réduites de façon substantielle durant la saison des pluies et furent éliminées durant la saison sèche. A la fin de la stabilisation de la pente, des arbres et des arbustes locaux furent plantés afin de compléter les travaux de réhabilitation. Pour cette application le vétiver joue le rôle de plante pionnière.

Selon le même principe, d’épaisses étendues de vétiver furent utilisées en Australie pour absorber les fonds d’effluents drainés depuis les cuves septiques et les fermes d’élevage intensif telles que les porcheries, les feedlots et les fermes laitières.


6.1.2 Réhabilitation des déchets miniers
Les balles de même que les surcharges provenant du traitement des mines contiennent souvent des niveaux élevés de substances toxiques comprenant des métaux lourds. Le vétiver fut utilisé avec succès dans le cadre de la réhabilitation d’un barrage minier dans lequel le substrat était salin, hautement sodique, avec des niveaux élevés de métaux lourds et des niveaux extrêmement bas en N et en P. L’usage conjoint de paillis et d’engrais a permis d’augmenter la croissance du vétiver de 20tha-1, ce qui était 10 fois supérieur aux autres espèces.

Les vieilles balles aurifères sont souvent extrêmement acides (pH 2.53.5) et contiennent peu de nutriments. Le reboisement de ces balles est très difficile et souvent très onéreux, la surface du sol nu étant hautement encline à l’érosion. Ces balles sont souvent la source de polluants tels que l’arsenic, à la fois au-dessus et en dessous de l’environnement local. Un bon établissement du vétiver fut obtenu dans ce substrat très hostile avec un niveau approprié d’application de chaulage et d’engrais.


6.1.3 Epuration des eaux polluées
Le vétiver est doté d’une grande capacité à réduire du PI soluble, jusqu’à 99% au bout de trois semaines et jusqu’à 74% de N soluble après 5 semaines. Ces découvertes démontrent que le vétiver a un grand potentiel de purification des eaux eutrophiques par l’enlèvement de ces deux éléments qui en sont les principaux polluants. [un nombre x de travaux supplémentaires effectués en Thaïlande ont démontré que le vétiver pouvait absorber une quantité substantielle de Cd,de Hg et de Pb dans les eaux usées.

Le développement algal dans les rivières et dans les barrages constitue une préoccupation de taille dans le monde, du fait que le N soluble et le P en particulier sont généralement considérés comme éléments clé dans l’eutrophisation de l’eau qui normalement provoque une croissance algale bleue-verte dans les cours d’eaux intérieurs et dans les lacs. L’enlèvement de ces éléments par voie végétale constitue la méthode de contrôle du développement algal la moins onéreuse et la moins nocive à l’environnement.

Dans le cadre d’expérimentations, des chercheurs chinois ont démontré que le vétiver pouvait enlever des nutriments dissous et pouvait réduire la croissance algale au bout de deux jours. Par conséquent le vétiver peut être utilisé de façon très efficace pour contrôler la croissance algale dans les eaux infestées d’algues de couleur bleue-verte.

En outre, ils ont également découvert que dans une source aussi riche en éléments nutritifs le vétiver pouvait produire une grosse quantité de biomasse pouvant aller entre 177t/ha et 354t/ha de matière sèche en six mois et était également capable d’enlever de grosses quantités de nitrogène dans les zones où la surface de l’eau fluctue de façon saisonnière. Cela du fait que le vétiver contient 0,440,68% de protéine brute et 0,0680,076% de P se traduisant en 102t de N et 54t de P pouvant être enlevés annuellement sur chaque hectare de vétiver planté.


6.1.4 Le contrôle de la pollution causée par les dépôts d’effluents
Les effluents provenant des eaux d’égouts et des équipements de traitement septique ont des niveaux élevés en nutriments et à moins de vraiment enlever ou de retenir ces polluants ils deviennent une source majeure de contamination de l’environnement local. Le vétiver fut utilisé de façon très efficace dans la réduction et dans la maîtrise des effluents provenant d’un ensemble de cuves septiques se trouvant dans un camp de vacances à Queensland, en Australie.

Les fermes d’élevage intensif telles que les porcheries, les fermes laitières et les feedlots produisent des effluents avec des niveaux élevés en nutriments et constituent une source majeure de contamination à l’environnement local. En Australie le vétiver fut utilisé pour piéger des matières grossières provenant de ces fermes sur des terres sèches et aussi pour enlever les éléments N et P contenus dans les étangs d’effluents. En fait le vétiver est la composante principale du plan de gestion environnementale d’une très grande porcherie contenant un cheptel de 12000 truies dans le Queensland méridional.


6.2 La conservation de l’eau pour les arbres fruitiers et les vergers
Dans les régions à faible pluviométrie d’Asie et d’Afrique les haies de vétiver, lorsqu’elles sont plantées soit en longues rangées soit en demi-cercles autour des arbres fruitiers, ont augmenté les rendements de l’ordre de 20%. Toujours en utilisant le même principe, des haies de vétiver furent établies dans une amandaie en Espagne en 1995.

6.3 La stabilisation d’infrastructures
Les causes principales d’instabilité des pentes raides sont l’érosion superficielle et la faiblesse structurelle de la pente. Alors que l’érosion superficielle provoque souvent des érosions de rigoles et de ravines, la faiblesse structurelle quant à elle va causer des mouvements de masse ou des glissements de terrain.

Des recherches réalisées en Malaisie sur la résistance à la traction et à la cisaille des racines du vétiver ont montré que la résistance moyenne à la traction des racines du vétiver est approximativement égale au sixième de celle de l’acier léger. Cela montre que les racines du vétiver sont aussi résistantes ou même plus résistantes que celles de beaucoup d’espèces de bois dur qui ont fait leurs preuves dans le renforcement racinaire au niveau des pentes raides.

Lors d’un test de résistance au sol ils ont découvert que la pénétration racinaire d’une haie de vétiver de deux ans avec un espacement de 1 Scm peut augmenter la résistance à la cisaille du sol dans une bande séparatrice adjacente de 50 cm de 90% à 0,25m de profondeur.

Il fut également découvert que le vétiver pouvait croître verticalement sur des pentes de plus de 150% d’inclinaison. Il grandit plus vite et assure un meilleur renforcement faisant de lui un meilleur candidat pour les stabilisations des pentes que les autres plantes. Une autre de ses caractéristiques moins bien connue et qui le démarque des autres racines d’arbres est son pouvoir de pénétration. Sa force innée et sa vigueur lui permettent de s’infiltrer dans des sols difficiles, dans une batée dure ou dans des couches rocheuses. Il a même réussi à s’infiltrer à travers le pavé de béton goudronné. Il fut remarqué que les racines de vétiver se comportent de la même manière que les clous et les goujons de 23 m de profondeur généralement utilisés dans une 'approche radicale' dans des travaux de stabilisation de pentes.

En Espagne, le vétiver fut établi avec succès par voie d’irrigation à Lorca et El Chopillo où l’on enregistre des températures allant de 14°C en hiver à 47°C en été. Une fois établi, le vétiver s’est bien développé sans irrigation additionnelle et a stabilisé efficacement une autoroute à 1.5:1 (62%) . Une excavation a montré que les racines du vétiver sont allées jusqu’à 1.7 et 2.1m de profondeur après 9 mois de croissance. Ces résultats montrent qu’après une irrigation initiale le vétiver peut s’établir et poursuivre sa croissance sous ces températures extrêmes et que l’ humidité conservée pendant les pluies d’hiver était suffisante pour permettre au sol de croître activement durant les mois d’été.

En Chine, beaucoup d’exemples montrent que son système racinaire fibreux et fort pénètre et se noue à la terre à une profondeur allant jusqu’à trois mètres et peut résister aux effets tunnel et aux craquages. Le vétiver forme rapidement une haie dense, permanente et par conséquent constitue une plante excellente pour la stabilisation des banquettes de sécurité. En outre il est moins cher d’utiliser le vétiver car le coût de stabilisation engendré par les méthodes conventionnelles peut être réduit de 90% lorsque le vétiver est utilisé comme biotechnique. Puisque ces éléments sont basés sur la différence entre les coûts locaux, des économies similaires peuvent être réalisées dans l’Ibérie.


6.4 La réhabilitation des terres arides et des zones désertiques
Lorsqu’ils sont plantés en rangées les plants de vétiver formeront une haie, une barrière poreuse vivante qui ralentit et éparpille les eaux de ruissellement et piège les sédiments. Du fait que les eaux sont ralenties, son pouvoir érosif est réduit et aussi les haies donnent plus de temps à l’eau pour qu’elle puisse s’infiltrer dans le sol et enfin toutes sortes de matériaux érodés sont piégés. Par conséquent une haie efficace réduira l’érosion du sol, conservera l’humidité du sol et piégera les sédiments sur place.

Il existe trois méthodes qui permettent au vétiver d’améliorer la réhabilitation des terres arides dégradées ainsi que la reconquête ou l’arrêt de la propagation de la désertification:


6.4.1 La propagation et l’amélioration de l’infiltration des eaux de ruissellement
L’une des principales raisons pour lesquelles la reforestation des terres arides dégradées ainsi que des lisières du désert ne se produit pas de façon naturelle est la perte d’eau superficielle provoquée par une lente infiltration de l’eau. Cela est dû à une mise à nu de la croûte superficielle provenant d’un surpâturage ou d’une érosion éolienne. La lente infiltration provoquera un ruissellement excessif qui souvent se concentre dans des dépressions ou des rigoles et très rapidement s’échappe de la terre et constitue ainsi une perte pour la zone où son besoin est crucial dans le processus de réhabilitation. Une répartition convenable des haies de vétiver ralentira et éparpillera l’eau concentrée dans ces dépressions et dans ces rigoles vers d’autres endroits du terrain. Ainsi elle aura plus de temps pour s’infiltrer et aller en profondeur là où il sera peu probable qu’elle se perdra pour cause d’évaporation superficielle.

Au fil du temps cette humidité du sol piégée va améliorer davantage la structure du sol qui fournira un meilleur environnement en vue d’une reforestation soit par voie d’introduction de plantes soit de façon naturelle via des graines provenant des environs. En Australie les mêmes principes furent appliqués dans le cadre d’une pratique appelée 'Shallow pending' au cours de laquelle des structures de rétention en terre de petite taille furent construites en vue de collecter et de créer de façon provisoire des étangs à partir des eaux de ruissellement. Cette pratique fut entreprise avec succès pour réhabiliter les terres arides dans les zones désertiques et semi-désertiques dans le centre de l’Australie.


6.4.2 Détournement et concentration de l’eau
Les haies de vétiver lorsqu’elles sont plantées sur une pente à faible inclinaison (0,20,5%) peuvent servir de structures de détournement très efficaces pour collecter et détourner l’eau afin de protéger les zones critiques telles que les têtes de rigoles ainsi que pour concentrer les eaux de ruissellement dans les endroits où la réhabilitation constitue une priorité essentielle ou dans les captages de recharge afin d’améliorer les fournitures d’eau souterraine. Cette dernière pratique fut réalisée avec succès dans la zone semi-aride indienne afin d’améliorer les fournitures d’eaux dans les puits villageois situés en aval de la pente.

6.4.3 Rétention de sédiments
Les tarares de limon formés à partir des sédiments retenus et qui proviennent à la fois de l’érosion hydrique et éolienne sont des sites importants pour la reforestation des manières suivantes:
  • Le sol est de texture plus légère, souvent plus sablonneux, permettant ainsi une meilleure infiltration de l’eau et une plus grande efficacité dans la conservation de l’humidité du sol en particulier à la suite de petites pluies.
  • Il est souvent plus fertile que les sols environnants.
  • Il constitue une source riche de graines de plantes endémiques dans la région. Cela est d’une importance capitale dans la reforestation des zones arides.

L’expérience en Australie et dans le monde a démontré que ces tarares de limon sont les premières zones à être colonisées par les plantes locales ou par les espèces semées. Du fait que ces tarares de limon se sont développés en amont le processus de reforestation a continué à se répandre de façon naturelle avec le temps.


6.4.4 Fourniture d’ombre
On oublie souvent l’ombre comme facteur important de réussite de la reforestation dans les climats chauds et secs des environnements arides et semi-arides. En Afrique du Sud, Kimberlite, le déchet rocheux provenant de l’exploitation diamantifère, est de couleur noire. En été lorsque le soleil est à son apogée des températures supérieures à 55°C ont été enregistrées en surface. Dans ces conditions-là très peu de plantes parviennent à s’établir à partir des graines en particulier. Pourtant le vétiver a réussi à s’établir de façon positive sur le Kimberlite par voie d’irrigation, mais ce qui est encore plus intéressant c’est que l’on a constaté que dans les zones voisines de certaines haies certaines herbes et d’autres plantes se sont établies de façon spontanée. En examinant cela de plus près il fut découvert que ces plantes étaient surtout situées à proximité des haies qui fournissaient une bonne quantité d’ombre indiquant ainsi que les haies de vétiver étaient en mesure de protéger les jeunes plants du soleil ardent.

En Australie il a été démontré que les haies de vétiver pouvaient fournir une quantité suffisante d’ombre aux moutons se trouvant dans des pâturages sans arbres des tropiques où le stress lié à la chaleur pouvait réduire la reproduction des agneaux de 30%.

Par conséquent partout où cela était possible des haies de vétiver devaient être plantées sur l’axe général nord-sud afin de maximiser l’effet bénéfique de l’ombre.


6.4.5 La protection du sol de l’érosion éolienne et des plantes du décapage et de l’amoncellement de sables
Les vents violents en zone aride et désertique portent souvent un préjudice à la croissance de la plante à cause de leur pouvoir érosif sur la couche superficielle du sol, de l’assèchement de l’humidité du sol que cela provoque et enfin des dégâts physiques causés aux plantes, en particulier les plus jeunes. Les haies de vétiver ont été utilisées de façon efficiente comme barrières éoliennes afin de réduire l’érosion due au vent dans les zones semi-arides tropicales d’Australie et aussi pour protéger les récoltes du décapage et de l’amoncellement des sables de dunes côtières en Chine.

7.0 Conclusion

7.1 Protection de l’environnement
Le vétiver a été utilisé avec beaucoup de réussite pour la protection de l’environnement dans beaucoup de pays et présente un grand potentiel pour l’Ibérie. En raison du climat méditerranéen sa réussite dépend entièrement de la phase de constitution. Une fois constitué avec succès, le vétiver fournira une méthode peu onéreuse et naturelle pour la protection de l’environnement, en particulier dans le domaine de la réhabilitation des terres contaminées.

7.2 Le caractère approprié du vétiver dans la réhabilitation des zones désertiques arides et semi-arides dans l’Ibérie
Avec des applications appropriées le vétiver peut soit vaincre soit améliorer l’environnement hostile des zones limitrophes du désert. Donc il possède un grand potentiel dans la réhabilitation des zones désertiques arides et semi-arides dans l’Ibérie. Les résultats provenant de Lorca montrent qu’une fois constitué le vétiver peut survivre à des conditions difficiles et ne compter que sur l’humidité collectée pendant l’hiver en vue de sa croissance l’été.

Bien que le gel arrête la croissance du vétiver pendant l’hiver, les haies de vétiver demeurent des barrières efficaces pour faire le travail consistant à répandre ou détourner les eaux de ruissellement pour la conservation de l’eau de pluie. L’eau conservée dans les tarares de limon va promouvoir la constitution de semis au printemps et en début d’été. La croissance du vétiver reprendra en été avec comme support l’humidité contenue dans le sous-sol sans pour autant concurrencer les espèces nouvellement établies au niveau des tarares de limon.

A cet égard, le vétiver devrait être considéré comme plante pionnière. Il est planté afin de modifier l’environnement hostile pour permettre aux plantes endémiques de s’établir naturellement. A cause de ses caractéristiques uniques le vétiver permet d’améliorer des conditions extrêmement hostiles en conservant l’humidité du sol, en arrêtant l’érosion du sol - qu’elle soit éolienne ou hydrique - et enfin en piégeant les graines arides des sols érodés.

8.0 Selected Publications on Vetiver Research, Development and Applications:
  1. Truong, P.N. and Baker, D. (1998). Vetiver Grass System for Environmental Protection. Technical Bulletin N0. 1998/1. Pacific Rim Vetiver Network. Of fice of the Royal Development Projects Board, Bangkok, Thailand.
  2. Truong, P.N. and Hengchaovanich, D. (1997). Application of the Vetiver Grass system in land stabilisation, erosion and sediment control in civil construction. Proc. Southern Region Symposium. Queensland Department of Main Roads, Queensland Australia.
  3. Truong, P.N. and Baker, D.E. (1997). The role of Vetiver grass in the rehabilitation of toxic and contaminated lands in Australia. Proc. International Vetiver Workshop, Fuzhou, China October 1997.
  4. Truong, P. and Baker, D. (1996). Vetiver grass for the stabilisation and rehabilitation of acid sulfate soils. Proceedings, Second National Conference on Acid Sulfate Soils, Coffs Harbour, Australia. pp 1968
  5. Truong, P., Gordon, 1. and Baker, D. (1996 ). Tolerance of vetiver grass to some adverse soil conditions. Proceedings, First International Vetiver Conference. Chiang Rai, Thailand (in press).
  6. Truong, P. and Creighton, C. (1994). Report on the potential weed problem of vetiver grass and its effectiveness in soil erosion control in Fiji. Division of Land Management, Queensland Department of Primary Industries. Brisbane, Australia
  7. Truong, P.N.V.(1994). Vetiver grass. its potential in the stabilisation and rehabilitation of degraded and Saline lands. Ed. V.R. Squire and A.T. Ayoub: Halophytes a resource for livestock and for rehabilitation of degraded land Kluwer Academics Publisher, Netherlands., 293 296.
  8. Truong, P. and Baker, D. and Stone, R. (1996).Vetiver grass for the stabilisation and rehabilitation of contaminated lands. Poster paper, Workshop on Research, Development and Application of Vetiver Grass for Soil Erosion and Sediment Control in Queensland. November 1996, Toowoomba, Queensland, Australia

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